La Discothèque du Chi

Les perles de la discothèque de l'ancien Président de la République.

28 juin 2007

Mamie Smith

mamie_smithQueen of the Blues

           Techniquement, Mamie Smith n’était pas une blueswoman mais une pianiste, actrice, chanteuse de cabaret et de vaudeville, mais elle est entrée dans l’Histoire en enregistrant le premier disque de Blues : Crazy Blues, (à écouter ci-dessus) de Perry Bradford, le 10 août 1920 pour le label Okeh (#4169), un immense succès vendu à plus d’un million d’exemplaire en un an. Elle est à l’origine de l’intérêt des maisons de disques pour la race music et les chanteurs et chanteuses de Blues. En fait George W. Johnson avait enregistré un disque dans les années 1890, comme James Reese Europe et Bert Williams mais c’étaient des chanteurs noirs avec une audience blanche. A partir de 1920 le marché "des noirs pour les noirs" s’ouvre.

             En scène, son port majestueux, ses costumes élaborés et ses bijoux clinquants ont inspirés d’autres blueswomen des années 20.

Biographie

Mamie Gardener est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, Ohio. Elle voyage avec les troupes de Vaudeville et les Minstrels Shows, notamment les Four Dancing Mitchell’s et la Smart Set Company. En 1912, elle épouse le chanteur William "Smitty" Smith. Ils se fixent à New-York en 1913. Mamie est chanteuse de cabaret et mène la revue Maid of Harlem (parfois citée comme Made in Harlem), du pianiste-auteur-compositeur noir Perry Bradford, au Lincoln Theater en 1918, avec Fats Waller et Johnny Dunn.

Dès 1919, Bradford est persuadé que la population noire américaine représente un marché pour la musique Mamie_Smith2issue de sa culture : le Jazz et le Blues. Au début de 1920, il doit faire enregistrer deux de ses chansons chez Okeh par une chanteuse populaire : Sophie Tucker. La chanteuse est malade le jour de l’enregistrement (14 février 1920) et Mamie Smith prend sa place pour graver That Thing Called Love et You Can’t Keep a Good Man Down. Le succès commercial est bon, mais sans plus, assez cependant pour programmer une deuxième session, le 10 août, et graver Crazy Blues et It's Right Here For You, If You Don't Get It, 'Tain't No Fault of Mine. Deux millions d’exemplaires, dont un vendu en 12 mois aux noirs américains, Perry Bradford avait raison.

Mamie Smith continue a enregistrer pour Okeh de 20 à 23, pour Ajax, en 24, pour Victor en 26 et pour Okeh encore de 29 à 31, toujours à New-York. Elle parcourt les Etats-Unis et l’Europe avec sa troupe Mamie Smith & Her Jazz Hounds, présentant le spectacle Mamie Smith’s Strutting Along Review., avec des numéros de trapèze, de danse, de comédie et de chant.

On l’appelle alors The Queen of The Blues, ce qui poussera Bessie Smith (aucun rapport familial) à surenchérir en se décernant le titre d’Empress of The Blues.

Au cinéma, Mamie apparaît dans Jail House Blues, en 1929. Elle se retire de la scène en 1931, lors de la Grande Dépression, pour revenir en 1939 dans le film Paradise in Harlem, puis dans Mystery in Swing, Sunday Sinners (1940), Stolen Paradise, Murder on Lenox Avenue (1941), et Because I Love You (1943).

Mamie Smith entre à l’hôpital à New-York en 1944 et s'éteint le 16 août 1946 "des suites d’une longue maladie". Elle est enterrée à Staten Island.

A écouter en priorité : "Crazy Blues", "It's Right Here for You", "You Can't Keep a Good Man Down", "That Thing Called Love".

Posté par JChirac à 18:08 - Du Blues, du vrai - Commentaires [0] - Permalien [#]

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